Les Volcans de Java: Echec et réussite

J.179 à J.181

Samedi 31 mars

Ce matin je quitte Lovina à bord d’un Bemo, mini bus local qui s’arrête n’importe où dés que quelque un veux monter. Ce n’est donc pas le moyen de transport le plus rapide, mais c’est le plus économique.
Direction Gilimanuk où l’on arrive 2h30 plus tard.
C’est là bas que se trouve l’embarcadère pour prendre le ferry pour se rendre sur l’île de Java.
Coût de la traversée 6000 Rupiahs. Durée 20 minutes, mais il y a tellement de bateau, qu’il faut que l’on attende notre tour pour accoster. C’est donc seulement 1 heure plus tard que l’on pourra débarquer.

Mon premier objectif à Java, est de voir le Kawa Ijen (un volcan).
D’ailleurs à Bali, avant que je monte à bord du ferry, un gars me demande où je vais. Je lui dit alors Kawa Ijen, et là il me répond que le Kawa Ijen est fermé depuis plusieurs mois, mais que le Bromo (un autre volcan) est ouvert.
Je lui dit, oui oui, merci. Mais je connais le truc. Tu veux me vendre ton excursion pour le Bromo. Non merci !

Il y a encore trois jours je ne connaissais rien de cet endroit. Mais sur les conseils de ma cousine Marion qui est déjà passé par là, j’ai fait plusieurs recherches et c’est depuis devenu un des lieux que je ne veut pas louper.
Je m’y vois déjà tel un aventurier, au milieu de ces vapeurs de souffres, descendre dans le cratère en plein milieu de la nuit. Observer les travailleurs extraire le minerai de souffres et regarder se lever le soleil, tout ça au bord du lac le plus acide au monde.
Bref, passer un moment unique, dans un lieu unique.

Mais pour s’y rendre, très peu d’infos. Les guides n’expliquent quasiment pas comment y aller depuis l’Est. Car apparemment la route est trop pourrie et ils disent de le faire par l’ouest.
Mais arrivant de l’Est je ne veux pas faire le détour et je sais que c’est faisable alors j’y vais.

En débarquant du ferry les chauffeurs viennent à ma rencontre. J’explique d’abord que je veux aller dans la ville juste à côté, puis en fait leur explique que je veux voir Kawa Ijen.
Là ils me disent qu’il faut aller à Jambun (ça se prononce ainsi en tout cas), et que c’est 150000 rupiahs (12€).
Put… de voleur. C’est le prix que j’avais vu sur internet, mais c’est beaucoup trop. Je viens de payer 4,50 pour faire 90km, et là ils veulent me faire payer 3 fois ça pour faire 20km.

Je n’arrive pas à faire baisser le prix. Le problème, et ils le savent, c’est que je n’ai pas trop le choix. Il n’y a pas 15 solutions pour se rendre là haut, et en plus je veux y être dans l’après midi pour trouver un endroit où dormir. Alors j’accepte leurs prix et j’embarque dans un Bémo qui me déposera à 17km du Kawa Ijen.
Le reste du chemin j’imagine le faire en stop. Mais tout en marchant sans savoir vraiment où je vais, je me rend compte qu’il n’y a vraiment pas grand monde sur cette route. Où sont les camions qui redescende les cargaisons de minerais. Où sont les touristes qui comme moi savent que l’on peux passer par ici ?
Et si cette homme à Bali m’avait dit la vérité ? Peut être n’avait il rien à me vendre et ma méfiance m’aurait aveuglé !?
Je continue ma route et marche pendant 2km. Là un paysan me salut.
Je l’interroge et lui dit Kawa Ijen ? en montrant la direction, pour savoir si c’est bien par là.
Et il me répond:
- Kawa Ijen, tup tup (toupe toupe).
Hein ? Qu’est ce que qu’il dit ?
J’ai peur de comprendre et lui dit à mon tour:
- Tup tup ?
D’un air interrogatif en croisant les bras comme un signe de fermeture.
Et il me confirme la mauvaise nouvelle.
Plus tard j’apprendrais que c’est fermé depuis deux mois à cause d’une trop grosse activité du volcan.
Put… mais quel échec. Si il y a une chose que je n’ai pas cherché avant de venir, c’est bien de savoir si la montagne était ouverte ou non.
Tan pis, ça avait l’air extraordinaire, mais ce ne sera pas pour cette fois.

Je redescend vraiment déçu à Banyuwangi et me trouve un hôtel pour la nuit.

Dimanche 1 avril
Après cet échec au Kawa Ijen, je vais tenter ma chance sur un autre volcan. Le Bromo.
Pour s’y rendre il faut d’abord prendre un bus jusqu’à Probolingo, à 200km de Banyuwangi, la ville où je me trouve. A 7h30 je part à bord d’un bus local. Et bien local même. A chaque arrêt monte un mec avec sa guitare, parfois tout un groupe. Ils font une chanson, passe en faisant la quête, et descendent à l’arrêt suivant alors que quelque un d’autre monte pour faire à nouveau le spectacle. Monte également à bord des vendeurs de boissons, éventails, nourriture, jouets, journaux…
Un bonne expérience à vivre.
Au final avec un changement de bus à midi, on mettra presque 7h pour arriver à destination.

Il est maintenant 14h30, je suis à Probolingo et je doit encore me rendre à Cemoro Lawang, le village à côté du mont Bromo.
Pour y aller, soit la moto 50000, soit le Bémo 25000. Ce sera donc le Bémo. Les gars me disent que c’est 25000, mais il faut attendre d’être plein avant de partir.
Pas de souci, j’ai le temps.
Il y a déjà deux personnes, puis un couple de Quebecois arrivera peut après. Nous sommes 5, il faut être 10.
On attend, 15h, 16h, 17h…
Et là ils nous disent que si on veux partir maintenant, il faut payer 50000.
Mais put… Ils s’arrêtent jamais ici ou quoi ! C’est un business de famille l’arnaque du touriste ?

Alors on prend nos sacs, et on va voir ailleurs. Mais le gros problème c’est qu’ils sont tous de mèche. Les autres nous disent que vu qu’il est tard, le tarif maintenant c’est 50000. Et ils s’appellent entre eux pour se faire passer le mot.
Finalement on revient au point de départ et payons chacun 40000 pour pouvoir nous rendre à Cemero Lawang.
Non de gu, ça me saoul !

On y arrive vers 19h. Je trouve une chambre bien crasseuse, mais pour la nuit ça fera l’affaire surtout que je compte me lever à 3h du mat.
A 20h au lit… ils m’ont fatigués.

Lundi 2 avril
Comme prévu réveil à 3h. Je m’habille, me prépare et part avec la frontale.
En général les touristes se lèvent tôt, soit pour partir voir le lever du soleil depuis le mont Penanjakan avec vu sur le Bromo. Soit pour voir le lever du soleil en étant en haut du Bromo. J’ai opté pour la deuxième solution.

Pour l’Indonésie je n’ai pas de guide, style Routard ou Lonely Planet. Alors je fait tout de tête, avec ce que j’ai lu et les photos vues sur internet. Mais je n’ai pas de plan et ne sais pas dans quelle direction se trouve le Bromo. Et à 3h du mat, tu voie pas vraiment les montagnes.
Après m’être fait accoster par des gars voulant m’y emmener à moto (ils commencent tôt dit donc!), je trouve l’entrée du Parc. C’est 25000 rupiahs.
Puis je part sur ce qui semble être la bonne route.
Un magnifique ciel étoilé, mais c’est quand même bien noir, et je me dit que j’aurais peut être du me renseigner un peu plus.
Puis les premiers doutes surgissent quand je doit carrément passer sur un énorme tas de terre. Deux mètres de haut, la montagne s’est un peu effondré par ici !
Sachant que des voitures sont censé emmener des touristes en passant par là, je pense que je ne suis peut être pas sur la bonne route. Mais ne voyant pas où ça peut être d’autre, je continue.
J’arrive sur un plateau, et comprendrais plus tard qu’il s’agit de la caldeira, je distingue un chemin que j’emprunte. Au loin je voie la silhouette d’une montagne qui m’a tout l’air d’être un volcan.
C’est bon je doit être au bon endroit.
Je m’arrête pour faire une photo des étoiles, et je voie une lumière s’approcher. C’est un homme à cheval, qui me demande où je vais.
- Je vais au Bromo.
- Ah non mais le Bromo c’est pas par là, c’est par là bas.
- Ah bon !? Ok merci.
- Voulez vous un guide ?
- Bé voyons ! Non merci.

Je part donc dans la direction qu’il m’a indiqué, et lui continue à me suivre en me proposant ses services de guide.
Je refuse de nouveau, part tout droit comme il me l’a dit, et je marche, je marche, je marche. Pendant prêt d’une heure sans savoir où je vais. Puis la lumière du soleil commence à arriver. Je n’ai bientôt plus besoin de ma frontale et surtout je peux voir que la seule montagne qui ressemble à un volcan est celle où je voulais aller en premier. Mais le guide à cheval m’a envoyé dans une mauvaise direction ! Peut être que ça l’amuse, mais en attendant ça va me faire louper le lever du soleil.
Pas de temps à perdre, maintenant que j’y vois j’accélère le pas.

J’approche de plus en plus et aperçois tout à coup des marches ! Fameuses marches dont j’ai entendu parler, faites pour faciliter l’ascension du Bromo. Sauf que celle ci ne se trouvent pas sur la montagne que je vise, mais sur celle d’à côté.
Ah d’accord, c’est ça le Bromo !

Il est maintenant 5h30, j’y suis presque et le soleil commence à se lever. Je suis au pied des marches quand le soleil sort et il fera jour quand j’arriverais en haut.
Enfin ! Il m’aura fallu plus de 2heures pour y arriver, mais ça valait le coup.

Quel spectacle de fou ! Arrivé en haut je me retrouve carrément sur la crête du volcan, avec une super vue sur le cratère !
De plus les autres touristes n’arriverons qu’une heure plus tard, et le volcan sera donc à moi pendant tout ce temps.
Hiiiiiiiiiiiii Haaaaaaaaa !

J’ai suivie les traces de pas et fait le tour du volcan en longeant la crête. Peut de gens le font, la plupart montent les marches, prennent quelques photos et redescendent. Mais si vous avez le temps, faite le tour du volcan. C’est à peine dangereux ! Il suffit d’être prudent et d’aller doucement à certains endroits.
En plus il y a un passage où il est possible de descendre un peu plus dans le cratère !
C’est là que j’y fait ma photo souvenir:

Le volcan culmine à 2329m et le cratère fait 800m de diamètre. C’est énooooorme !

Je fini le tour, et repart au village pour préparer mes affaires.
Au retour je m’apercevrais que le mec à cheval m’avais indiquer la bonne direction, mais ne m’a pas dit qu’il fallait tourner pour chopper le chemin. Donc je suis parti tout droit !
Au début je souhaitais rester un jour de plus pour aller sur le Penanjakan le lendemain matin, afin de voir le lever du soleil sur le Bromo.
Mais je me suis aperçu la veille que je n’avais même pas de quoi me payer une autre nuit d’hôtel. Et impossible de retirer ici.
J’suis un peu à l’arrache en ce moment. Il va falloir se ressaisir !

Un peu avant 10h j’arrive au village, prépare mon sac et vais me mettre au bord de la route pour attendre le prochain Bémo.
10h30, le Bémo arrive et cette fois ci je ne risque pas de payer plus de 25000 rupiahs. On ramasse du monde tout le long de la descente. Plus les sacs de choux et de pommes de terre. On est plus que plein.

1h30 plus tard on arrive devant la station de bus de Probolingo, là où nous étions la veille et où nous avons du attendre 3 heures pour payer plus cher !
Le gars me dépose devant une sorte d’agence de voyage. Comme d’hab les mecs se ruent sur moi pour me questionner et savoir où je vais.
Ma prochaine destination est Yogyakarta. Et il faut que je parte assez rapidement, car en regardant la carte je voie que c’est plus long que le trajet Banyuwangi-Probolingo, que j’ai fait la veille en 7heures.
Si je ne veux pas arriver à point d’heure il faut que je trouve un bus rapidement.
Mais le gars me dit que le prochain bus est à 18h et qu’il arrive à Yogyakarta à 4h du mat.
Yé dedieu. Il est à peine midi, alors j’explique que je ne veux pas attendre, et je lui dit que je vais aller voir à la station de bus pour prendre un ticket pour me rendre à Surabaya, et de Surabaya j’en prendrai un autre pour Yogyakarta.
Il me dit que c’est une bonne idée, que c’est faisable, mais que si je vais à la station de bus, se sera un bus local qui s’arrête partout et va mettre une plombe à arriver.
Il a raison, et je ne veux pas perdre de temps. Il me propose donc un ticket à 55000 (5€) pour un bus direct partant à 13h. J’accepte en imaginant que c’est certainement un bus pour touriste, qui comme moi vont à Surabaya.
J’attend à l’agence et vers 13h le gars me fait signe, le bus va arriver alors on part se mettre au bord de la route. Et là à ma grande surprise, je vois un bus sortir de la station qui est à 50 mètres, s’arrêter à notre hauteur et le gars de l’agence donne un billet au chauffeur afin de payer ma place, et garde le reste en commission.
Fuck of ! Une fois de plus j’ai fait confiance, mais si j’étais aller directement acheter le billet à la station, je l’aurais eu pour deux fois moins cher !
Ils m’agacent vraiment, faut que j’arrête de faire confiance. Je devrait pourtant être habitué…

Là où il n’a pas menti, c’est que le bus est presque direct, et j’arrive à Surabaya deux heures plus tard.
A 15h45 on part à bord d’un bus conduit par un grand malade. J’ai cru qu’on allait mourir plusieurs fois, mais étant bien fatigué et ayant la banquette arrière pour moi tout seul, fait que j’ai bien dormi et n’ai pas vu grand chose du trajet.
8 heures plus tard on arrive à Yogyakarta, et un gars avec qui j’ai fait connaissance dans le bus, me propose de me déposer au centre ville avec sa moto.
Il m’accompagnera dans les petites ruelles pour m’aider à trouver une chambres pas cher. Et le tout gratuitement, juste par plaisir.

C’est grâce à des gens comme toi mon gars, que les Indonésiens remontent dans mon estime. Merci pour ton aide !

A suivre…


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4 Responses to Les Volcans de Java: Echec et réussite

  1. kinou says:

    Y’a des jours ou on se dit qu’un mois de retard des fois ça a du bon !!! vous me suivez ??

  2. Number Five says:

    Si si ! Moi je la suis !
    Par contre toi, je te suis pas bien mon n’veu et j’comprends rien… l’Indonésie c’est en Argentine ou au Chili ???

  3. Cousine Ma says:

    Haha! Moi j’ai compris aussi!
    Merci cousin, ça m’a fait revivre des bons moments, enfin, les moments sur la route pas top, bravo d’avoir réussi à dormir, moi j’avais juste trop peur pour ça, et partout sur Java!
    Sinon je vois que les javanais n’ont pas changé, toujours à arnaquer! Mais bon, faut dire qu’on est blanc, qu’on voyage et qu’il y a beaucoup moins de monde sur Java que Bali… Ceci explique peut être cela!
    Des bisous

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